Il est des mots écrits à la plume, au stylo bille, sur un clavier. La noirceur est souvent de mise. Elle est sobre, élégante… un peu austère. Peut-être se prend-elle trop au sérieux ? Le noir sied à tous les mots et corrige bien des imperfections.
Alors qu'en est-il de tes mots bleus qui s'alignent sur les pages blanches ou ivoires de tes carnets?. Ils ressemblent à de petits ponts entre ta réalité et le monde que tu révèles à tes lecteurs. Tel un architecte qui, au bleu de Prusse, trace les lignes d'un idéal.
Tes histoires de tout, de rien du tout, comme écrites sur des ailes de papillons, sont éphémères et délicates. Elles nous parlent d'immortalité, de foi et nous élèvent vers la prière.
Cependant, tes mots peuvent tourner à l'orage. Chavirer de la sérénité de l'heure bleue à la mélancolie des nuits abyssales. L'eau limpide de tes larmes les déverse dans un torrent qui emporte tout sur son passage. Ils nous submergent, comme lorsque l'on se noie dans l'alcool pour tout oublier. Ils étanchent ta soif de vérité, ta quête d'absolu, sans complaisance… laissant place au spleen, cette noirceur romantique rouge sang.
Tes mots bleus sont-ils autant de maux de l'âme mon ami ?
Ils sont parfois impudiques et souvent synonymes d'évasion.
Telles les arabesques d'un tatouage un peu passé et pourtant encré si profondément dans ta chair, ils te révèlent dans ta simple nudité à qui sait lire entre tes lignes.
Mon ami, tes mots sont écrits du sang bleu de Rois. De ceux qui font l'histoire.


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